Psychologie sociale – TD n°4 Corrélation illusoire
Notion de corrélation illusoire (Chapman, 1967) : L’auteur présente une expérience où il montre aux sujets des paires de mots constitués à partir de deux listes. 12 paires de mots ont été présentées un même nombre de fois dans un ordre aléatoire. L’auteur demande aux sujets d’estimer la fréquence de présentation de chaque paire. Il constate une surestimation de la fréquence pour la paire de mot : caravane – thermomètre. Explication de Chapman :
Chapman définie la corrélation illusoire comme étant la tendance des gens à percevoir une corrélation entre deux classes d’évènements qui en réalité ne sont pas corrélés ou d’une façon moins importante que ne l’estime les gens. Application à la formation des stéréotypes (Hamilton et Gifford, 1976) : Les stéréotypes sont des croyances concernant les caractéristiques partagées par les membres d’un groupe et qui les différencient des autres. Hamilton et Gifford ont appliqué le phénomène de corrélation illusoire, basée sur la distinctivité, à la formation de stéréotypes. Leur raisonnement repose sur deux points :
En conséquence, même si les proportions des comportements désirables et indésirables des membres de notre groupe et des membres d’un autre groupe sont identiques, nous avons tendance à surestimer le nombre de comportements indésirables réalisés par les membres de l’exogroupe. Illustration : Il s’agit d’une étude sur « la manière dont les gens traitent et retiennent l’information présentées visuellement ». On présente 39 comportement (27 désirables et 12 indésirales) associés à l’un des membre de deux groupes (le groupe A : 26 membres ; le groupe B : 13 membres) selon le tableau suivant :
Il y a donc les mêmes proportions de comportements positifs et négatifs pour les deux groupes. Les taches sont :
Résultats :
Afin de vérifier si l’effet est dû à la corrélation illusoire ou bien à l’association « minorité – négativité », on réalise une deuxième expérience où les comportements positifs sont cette fois-ci en minorité. Les résultats montrent que le groupe minoritaire B est, cette fois, associé aux comportements positifs et jugé plus favorables que le groupe A. L’effet est donc bien dû à la corrélation illusoire par le côté distinctif des comportements en minorité associés au groupe distinctif (minoritaire). |